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vendredi 19 juin 2020

Le Trompettiste -08- Epilogue


La petite Viviane avait fêté ses quatre ans quelques jours plus tôt. Toute la petite famille était en tournée avec le cirque dont le spectacle attirait de plus en plus de monde. Florent n'avait jamais osé parler de cette nuit-là à quiconque même si Günter avait deviné le déroulement des évènements. Arthur et Sylvie n'étaient toujours pas revenus de leur convocation et le couple se demandait s'ils les reverraient un jour. Heureusement qu'ils avaient laissé les instructions nécessaires pour qu'ils puissent s'occuper du manoir.
Ils étaient tous les trois en train de marcher tranquillement sur les rives du lac au bord duquel le cirque s'était installé, comme à son habitude. Les deux parents toujours aussi amoureux évoquaient avec tristesse les évènements tragiques des derniers jours.
— Je n'y suis pour rien là ! dit Florent.
— Je le sais mon amour ! Et je pense que là tu ne pouvais rien y faire.
— Je ne pouvais rien y faire et surtout, crois-moi ! Je ne devais surtout pas intervenir, sinon l'avenir serait encore plus sombre qu'il ne le sera déjà.
C'est en disant ces mots qu'ils virent le couple de Veilleurs sortir des flots et s'approcher d'eux en souriant.
Arthur et Sylvie prirent Florent dans leur bras.
— Je savais que tu ne fléchirais pas, lui dit-elle.
— Oui, mais ce fut dur ! J'ai longtemps hésité avant de prendre ce chemin.
— Elle devait mourir. Tu le sais.
Oui, je le sais. Il faut parfois que quelques personnes meurent pour en sauver beaucoup plus. Je l'ai compris. Exactement comme ce qui vient de se passer hier.
Camille les regardait, elle ne comprenait pas. Depuis ce jour d'août, elle avait du mal à accepter que son amour ait pu faire une chose aussi horrible et que ses amis le soutenaient et approuvaient son acte. Les évènements des jours précédents renforçaient son sentiment d'incompréhension. Il avait eu la possibilité d'éviter à des milliers de personnes de mourir et il n'avait rien fait.
Remarquant son trouble, Florent prit les mains de sa femme. Arthur comprit ce qu'il voulait faire et il lui fit un signe de tête pour lui exprimer son accord.
— Retournons à la caravane et je vais te montrer.
— Il invita Camille et ses amis à s'asseoir autour de la table et rassura son épouse.
— Surtout ! N'aie pas peur. Ce ne sont que des images de ce qui aurait pu arriver.
— Tu me connais, je serais forte !
Il lui sourit et lui posa un baiser sur les lèvres. Les deux couples s'installèrent et quand ils furent tous calmes et détendus, Florent commença à leur montrer ce qu'il avait vu lors de son passage chez la Dame.
Les images se succédaient dans leurs esprits. Ce fut d'abord le mariage de la Princesse avec son nouvel amoureux, puis des scènes de joies dans les rues de nombreuses villes arabes. L’argent du milliardaire égyptien avait servi à financer les partis politiques qui renversaient un par un les dictatures du bassin méditerranéen.
Camille ne put s'empêcher de rompre le cercle.
— Pourquoi as-tu pris ce chemin-là ? Regarde tous ces gens comme ils sont heureux, aujourd'hui ils sont tous en guerre.
— Je t'avais dit d'attendre la fin…
— Excuse- moi ! Mon amour !
Il recommença à se concentrer et les scènes de joies furent remplacées par des scènes de guerre et de désolation. Libérées de l'emprise de leur régime dictatorial beaucoup de provinces de ces pays réclamèrent leur indépendance, des guerres civiles meurtrières s'en suivirent. Devant les risques de plus en plus importants de voir la route du pétrole être coupée, les grandes puissances intervinrent et de régionaux les conflits se sont étendus. Quelques décennies plus tard, le monde était à feu et à sang une nouvelle fois.
En lâchant les mains de Camille et Sylvie, il vit sa femme blême, elle avait du mal à tenir sur sa chaise. En bafouillant, elle lui dit : tu vis avec ces images en permanence ?
— Oui ! Avec le temps, et grâce à l'enseignement de la Dame, j'ai appris à savoir comment trouver le bon sentier parmi toutes ses images. Les choix que je fais semblent parfois étranges, mais ce sont les meilleurs pour notre survie.
— Mais ne pouvais-tu pas intervenir plus tard ?
— Non hélas ! J'ai passé des jours à réfléchir à chercher comment ne pas la sacrifier, mais il n'y avait pas d'autres points nodaux. C'était le maillon faible de cette trame du temps.
— Camille resta pensive quelques instants et prit son mari dans ses bras.
— Tu as fait ce qui était le mieux. Plus jamais je ne douterai de tes choix.

jeudi 18 juin 2020

Le Trompettiste -07- L'accident



Cela faisait maintenant un peu plus d'an que Florent s'était réveillé après sa rencontre avec la Dame. Il se demandait toujours s'il avait rêvé même si de nombreux signes lui prouvaient que cela avait été réel.
Il se souvenait qu'il allait se baigner dans ce lac en compagnie de ses nouveaux amis du cirque et qu'il s'était réveillé plusieurs semaines plus tard dans ce château bavarois avec une vue magnifique sur les Alpes. Il se souvenait du passage dans ce sanctuaire et de cette femme magnifique qui lui avait montré des choses qu'il aurait préférées ignorer. Il ne savait pas exactement ce qu'il allait faire pour modifier la marche du monde, mais il savait que le jour approchait.
À son réveil, il apprit que ses hôtes s'étaient rendus à une convocation de la Dame, mais qu'ils l'avaient invité à vivre dans leur manoir de banlieue parisienne. Il resta plusieurs semaines pour se remettre des "révélations", appréciant l'accueil et la prévenance de Günter dont il avait vite compris qu'il était bien plus qu'un simple majordome. Les deux hommes avaient beaucoup discuté, joué ensemble de la musique. Günter était capable de jouer au piano aussi bien une sonate de Bach, qu'une pièce de Chopin et accompagné de Florent à la trompette, ils se lançaient des improvisations de jazz qui pouvaient durer des heures. Il se sentait bien et retardait le moment de le quitter. Un soir, alors qu'ils redescendaient des ruines de l'antique temple où ils aimaient aller se promener pour, disait Günter, "trouver de l'énergie vitale", celui-ci annonça en souriant à son ami.
— Une surprise t'attend au château !
Puis, il ne dit plus rien jusqu'à leur arrivée, laissant Florent interrogatif et songeur. Les deux hommes finirent leur promenade en silence.
Quand ils entrèrent dans la grande salle, Florent découvrit une jeune femme qui s'élança vers lui en courant.
— Tu es vivant ! J'ai eu si peur !
Il reconnut Camille, la voltigeuse du cirque avec laquelle il avait passé quelques minutes avant de disparaître sous les eaux.
— Oui je suis vivant ! Enfin je le crois ! Et toi que fais-tu là ? Tu n'es pas en tournée ?
— Hélas, je me suis blessée lors d'une représentation et en apprenant cela, Günter m'a proposé de venir me reposer ici, en me disant que j'aurais une surprise agréable.
Florent se retourna, mais ils étaient seuls. Comme à son habitude, le majordome avait disparu aussi silencieusement qu'il était apparu.
— Comme la Dame ! Pensa-t-il tout haut.
— Que dis-tu ?
— Oh rien de spécial, je réfléchissais tout haut.
— Qui est cette "Dame" dont tu parles ?
— Si tu savais…
— Raconte-moi !
— Tu me promets de ne pas te moquer ?
— Promis !
Florent lui raconta son aventure. Camille l'écoutait attentivement, l'interrompant juste pour lui demander des précisions sur certaines choses qu'elle avait du mal à comprendre. Ils parlèrent longuement en se promenant dans les jardins. Avec la fraîcheur de la nuit, elle se rapprocha de son compagnon et ils rentrèrent enlacés. Arrivés devant la porte de leur chambre, au lieu de se quitter et de gagner chacun leurs chambres qui se faisaient face dans le couloir, ils pénétrèrent ensemble dans la chambre de Florent. Il réalisa alors que le premier acte de son destin était en train de se mettre en route.
Un an plus tard, ils vivaient ensemble dans le manoir mis à leur disposition par Sylvie et Arthur. Günter venait régulièrement leur rendre visite et à chaque fois, il était comme eux sans nouvelle des couples qui s'étaient envolés vers Stonehenge l'année précédente. Le couple formé par Florent et Camille s'était transformé en famille et ils attendaient leur premier enfant. Une petite fille, leur a annoncé le gynécologue qui suivait la jeune femme. Ils avaient décidé de la prénommer Viviane en hommage à la Dame du Lac. Elle devait arriver dans les derniers jours du mois d'août et Florent ne serait pas surpris qu'elle arriva au moment de la Nouvelle Lune.

Pendant ce temps, de l'autre côté de la Manche, la Dame avait rassemblé les Veilleurs dans les ruines du célèbre site préhistorique anglais. Quand ils étaient entrés dans le cercle, une brume s'était abattue sur eux et ils surent qu'ils avaient quitté l'espace et le temps humain.
La Dame prit la parole de manière solennelle comme à chaque fois qu'elle s'adressait au groupe ainsi réuni.
— Je vous ai rassemblés ici, car des évènements qui vont énormément affecter les hommes sont sur le point de survenir. Il est important que par nos pouvoirs rassemblés nous les aidions à traverser ces moments difficiles.
Ils l'écoutaient tous avec gravité, conscients de leur devoir envers la Dame et les hommes. Ils savaient aussi que le temps de la Dame n'était pas le même que celui des hommes et qu'ils risquaient donc d'être absents longtemps de la surface de la Terre.

Ce soir-là, Florent était à une soirée au centre de Paris où il avait été invité à jouer avec son nouveau groupe. Il avait accepté cela malgré la naissance imminente de sa fille, car Günter avait proposé à Camille de venir au frais dans le château, et il mettrait le jet privé des Veilleurs à sa disposition au moment de l'accouchement. Un des serveurs s'approcha de lui et l'informa qu'on le demandait au téléphone. Il se doutait de la raison de cet appel et ce fut le cœur joyeux qu'il répondit.
— Elle arrive, il faudrait que tu viennes rapidement…
— Oui ma chérie ! Laisse-moi le temps de prévenir les copains et je te rejoins.
Il savait ce qui allait arriver, cependant même s’il s'engageait sur un chemin qui n'était pas forcément le plus direct, mais il devait faire ce pour quoi la Dame l'avait invité.
Quelques minutes plus tard, il roulait assez rapidement sur les quais de Seine pour rejoindre Le Bourget où l'avion l'attendait prêt à décoller. Il aperçut dans son rétroviseur une grosse berline noire qui le rattrapait à grande vitesse, elle semblait suivie par des motards. Surpris par la vitesse du véhicule qui arrivait derrière lui, il fit un écart et il sentit un léger choc. Il arriva de justesse à maîtriser l'embardée de sa petite voiture quand il se rendit compte que l'autre percutait violemment les piliers du tunnel qu'il traversait. Tiraillé entre l'envie de s'arrêter pour aider les passagers accidentés et le désir d'être le plus rapidement au chevet de son épouse, il décida finalement de continuer sa route, comme il l'avait vu dans les visions au sanctuaire de la Dame. Après tout il y avait plusieurs autres témoins !
Ce n'est qu'en arrivant au château au moment de rejoindre Camille qui n'avait toujours pas accouché qu'il apprit la nouvelle du décès de la Princesse. Il sut alors qu'il avait fait le bon choix.

mercredi 17 juin 2020

Le trompettiste -06- Apprentissage


Alors qu'il semblait toujours inconscient dans son lit, veillé par Günter, Florent revivait son bref séjour chez la Dame. Il se souvenait de son premier réveil là-bas.
Une odeur de chocolat chaud lui chatouillait les narines. Il se redressa dans son lit. Il découvrit la petite table recouverte de plats avec des fruits et des viennoiseries. Il mit quelques secondes pour se remémorer ses dernières heures et son arrivée dans ce lieu étrange avant de se lever.
Il réalisa qu'il était nu. Il chercha ses vêtements, mais ne les trouva pas. Il ne vit qu'une sorte de longue tunique et une ceinture de cuir déposés sur le dossier du canapé. Il les enfila avant de s'approcher de la table. Il observa le paysage depuis la fenêtre. Cette étrange luminosité bleuâtre était toujours là malgré le soleil qui brillait dans un ciel d'un bleu sombre presque violet. Au loin, des sommets enneigés scintillaient et se reflétaient dans le lac au pied du château. Il était songeur. Pourquoi moi ?
Il n'eut pas le temps d'y penser davantage. Stella entra dans la pièce pour l'inviter à rejoindre la Dame dans la salle de réception.
Il la découvrit debout, pensive, face à une tapisserie ancienne. Il toussota un peu afin de lui faire remarquer sa présence.
— Je vous avais entendu arriver ! lui dit-elle souriante en se tournant. Elle était resplendissante comme la veille, vêtue d'une simple robe bleue nuit, un diadème en argent lui retenait les cheveux.
— Allez-vous me dire ce que vous attendez de moi ? J'ai beaucoup réfléchi cette nuit, et je ne vois pas comment je pourrais influencer le destin du Monde…
— Vous allez l'influencer c'est certain. Je vais vous montrer des choses que peu de personnes ont vues, une connaissance inédite. Mais vous resterez libre de décider à chaque instant quand vous serez de retour chez vous d'utiliser ou non, ce savoir.
— C'est une grande responsabilité que vous me donnez ?
— Le poids de la connaissance est toujours un fardeau, mais vous êtes né pour cela… Suivez-moi ! Je vais vous faire visiter.
Elle le conduisit hors du manoir et le guida vers l'étendue d'eau qu'il apercevait de sa chambre. Ils marchèrent tranquillement dans les allées de ce parc. Elle semblait flotter dans l'air, les mouvements de ses pieds étaient invisibles sous sa longue robe étincelante. Elle lui faisait découvrir son domaine.
Au fil des jours, il en connut tous les recoins. Accompagné de Stella ou de Viviane, il découvrait certains mystères du monde. Mais à chaque fois qu'il voulait en savoir plus, elles lui répondaient qu'il devait attendre d'être prêt.
— Quand le serai-je ? demanda-t-il un jour à Stella.
— Quand la Dame estimera que c'est le bon moment elle vous conduira au sanctuaire et vous découvrirez ce que vous aurez à connaître.
Ce matin-là, ce fut la Dame qui vint le chercher après sa collation matinale. Au lieu de le guider dans le parc, elle se dirigea vers le lac qui se devinait dans les brumes de la vallée.
Arrivés sur la berge, elle l'invita à monter à bord d'une embarcation. Elle donna un ordre bref et deux rameurs les conduisirent sur l'île. Ils furent accueillis par une femme sans âge.
Il regarda autour de lui, l'autre rive semblait perdue dans la brume pourtant le soleil brillait dans un ciel sans nuages. Des oies, des grues, des colombes volaient autour d'eux et au-dessus de ce qui semblait être un temple. La Dame remarqua ses interrogations.
— Nous venons de franchir un nouveau voile. Ici le temps ne se déroule pas comme dans mon domaine et encore moins comme dans votre monde. Le passé et le futur se confondent parfois.
— À peine sa phrase finie, il vit surgir un homme vêtu d'une robe de bure, qui le fixa les yeux hagards.
— Je vous présente Frère Jacques Clément… il est arrivé ici il y quelques minutes de notre temps, mais il vient de votre passé.
— Comment cela ?
— Il arrive du seizième siècle selon votre datation…
— C'est le moine qui a assassiné Henri III ? dit-il incrédule.
— Exactement, enfin pas encore puisqu'il est ici.
— Mais pourquoi ? Il est un Appelé aussi ?
— Oui, c'en est un, mais il faut qu'il se remette et qu'il accepte le rôle qu'il doit avoir dans l'Histoire.
— Vous allez en faire un tueur ?
Non, il va être l'instrument du destin. Je vous ai dit que vous alliez découvrir un savoir auquel peu de personnes ont accès. Il est temps que je vous conduise au sanctuaire de la Fortune.
Il regarda le moine hébété qui ne comprenait pas où il était arrivé.
— Mes servantes vont le conduire au château pour qu'il reprenne ses esprits. Il est arrivé directement ici, mais il n'est pas encore prêt pour l'expérience que vous allez vivre.
Elle ne dit plus rien et ils avancèrent lentement dans la brume qui devenait de plus en plus épaisse, mais cela ne gênait pas leur progression. Il lui sembla entendre des bruits de voix, des échos de batailles, des cris de joie ou des larmes de douleurs. Sans que rien ne le laissât présager, l'air se dégagea et le temple se dévoila intégralement devant ses yeux.
— Vous devez entrer seul, je ne peux pas vous suivre.
— Pourquoi ?
— Une barrière invisible m'empêche de rentrer. Pourquoi ? Je l'ignore ! Seuls les êtres Appelés peuvent la franchir. Je serai là à votre retour pour vous guider vers le destin que vous aurez choisi… Rappelez-vous ! Vous êtes maître de votre avenir, c'est à vous de choisir en votre âme et conscience.
Florent franchit le seuil du bâtiment. Il était perturbé par la perspective qui s'offrait à lui. Alors qu'il avançait dans la nef centrale, il eut l'impression que l'autre extrémité s'éloignait de lui et à ses côtés, il découvrit d'autres Appelés. Chacun devait venir de lieux et d'époques différents, même si tous portaient la même tunique que lui. Leurs couleurs de peau, leurs coupes de cheveux et divers détails indiquaient les différences culturelles. Il fut assourdi par le silence qui régnait dans ce lieu alors qu'à droite comme à gauche, les nefs se multipliaient à l'infini. Combien sommes-nous ? Une voix intérieure l'invita à progresser, à s'imprégner de l'atmosphère, à se détendre, à accepter l'incompréhensibilité de ce qu'il ressentait. Un pas. Puis un autre. Et ainsi de suite… Ne pas chercher à communiquer avec ses voisins qui sont dans le même état d'hébétude. Avancer. Toujours avancer.
Il ne saurait dire combien de temps il marcha. À chaque pas vers ce qui semblait être la sortie, des images lui traversaient l'esprit. Des visions confuses puis de plus en plus nettes. L'histoire du monde se projetait devant lui. Tous les passés, tous les présents, tous les futurs. S'il déviait de sa trajectoire, il pouvait suivre une autre histoire. Il revivait l'apparition de l'homme, la découverte du feu, la domestication des premiers animaux, les débuts de l'agriculture, les premières civilisations. Il souffrait avec les catastrophes, les guerres, les épidémies. Il exultait avec les naissances, les fêtes.
Il vit l'assassinat de César, l'avènement de Gengis Khan, il sut la vérité sur la mort de Kennedy.
Il réalisa que s'il continuait à avancer, il allait découvrir le futur ou plutôt les futurs à venir. Il hésita un peu et la voix se fit rassurante "Ce qui est passé est passé… Ce qui est futur n'est pas encore arrivé." Il progressa d'un pas, aussitôt il se sentit agressé par une multitude d'images. Il tâtonna dans les futurs possibles. Il chercha à comprendre son rôle.
Soudain, il comprit comment les images qui lui parvenaient. Il comprit aussi pourquoi il avait été appelé et ce qu'il devrait faire le jour venu. Effectivement, il s'agirait d'une action anodine, mais qui aura des répercussions. Le battement d'aile d'un papillon peut provoquer un ouragan à l'autre bout du monde. Il prit conscience de la vérité de cette phrase. Ce qu'il devrait faire provoquera une tornade, mais s'il ne le faisait pas, ce qui adviendrait serait encore plus violent que le plus puissant des cyclones.
Il réalisa alors qu'il avait traversé la nef. La Dame lui faisait face, souriante.
— Vous avez compris votre rôle ?
— Oui Ma Dame ! Et en disant ces mots, il s'effondra sur le sol.